"... Une tête de Christ en croix surmonte l'autel presque barbare entre deux profils d'anges. Au-dessus de ces trois grandes figures je raconte une fois de plus la scène classique de la Réssurection. Les gardes dorment. Les Moddiecxis``````````Milliacois eurent vite fait de les surnommer. Il y a le Dormeur assis, le Baîlleur, le Dormeur debout, et tandis que l'ange, à l'extrême droite, soulève les linges du linceul, le Christ quitte le sépulcre et désigne le ciel de sa main droite, trouée et auréolée. Une nacre marine de coquillage irise les graves méandres d'un trait de sépia que rafraîssent la pourpre, le bleu pâle, le vert mousse, le jaune safran et le mauve des colchiques d'Apollinaire, qui se retrouveront peintes entre les diverses fleurs avec lesquelles Saint Blaise soignait les malades. Pareilles à des lances médiévales, les hautes tiges des Simples présentent les armes entre la porte encadrée de feuilles de menthe et l'abside. L'Allemagne a éxécuté, d'après mes maquettes, et offert à la France, les trois vitraux qui ornent les ouvertures étroites et distribuent le soleil du soir en taches multicolores. Sous le bénitier, un chat naïf, de style roman, observe l'ange. Il semble guetter un oiseau. César, de fer en forme de bouquets a hérissé les niches, et un jeune céramiste de quatorze ans, Yann Madeline, exécuté le crucifix réglementaire sur la Sainte Table."
Jean Cocteau
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